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05 | 02 | 2012
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Mesurer n'est pas gérer

"On ne gère bien que ce que l'on mesure" est un adage qui justifie l'informatisation. S'il faut reconnaître à l'industrie informatique les progrès considérables faits dans les domaines de l'informatique décisionnelle, ou business intelligence, ce n'est (hélas!) pas parce qu'on dispose d'outils informatiques et de données statistiques que l'on devient un bon gestionnaire du jour au lendemain.

Selon Wikipedia, l’informatique décisionnelle (ou Decision Support System ou encore BI pour Business Intelligence) désigne les moyens, les outils et les méthodes qui permettent de collecter, consolider, modéliser et restituer les données, matérielles ou immatérielles, d'une entreprise en vue d'offrir une aide à la décision et de permettre aux responsables de la stratégie d'entreprise d’avoir une vue d’ensemble de l’activité traitée.

"Ce qui ne se mesure pas n'existe pas"

Cet adage de Niels Bohr (théoricien de la physique quantique, prix Nobel en 1922) fut d'abord le credo des statisticiens avant d'être repris par les contrôleurs de gestion et surtout les consultants et éditeurs de logiciel et transformé en "ce qui ne se mesure pas ne peut être géré" ou encore "ne s'améliore que ce qui se mesure".

"L'information n'est pas le savoir"

"L'information n'est pas le savoir" rappelle Albert Einstein. Or c'est bien le savoir qui améliore la prise de décision et favorise le progrès. L'information n'est que la matière première, et encore, lorsque elle est exploitable! En effet, nous sommes noyés sous des déluges d'information: les Etats-Unis consacrent plus de 5 milliards de dollars à leurs programmes statistiques. Sont-ils capables d'exploiter ces informations?

Les statistiques généralement erronées ou incomprises

Selon Joel Best, chercheur américain, relayé par Donald Johnson, Secrétaire Général de l'OCDE (organisation internationale leader dans la production de statistiques), la majorité des statistiques est produite par des personnes incompétentes ou pour "conforter certains intérêts". Bien entendu, il faut savoir interpréter les statistiques pour avoir une réaction proportionnée et adaptée.

La tentation du business intelligence

Chaque entreprise, et même chaque manager d'entreprise, peut aujourd'hui disposer d'une collection de statistiques grâce au business intelligence (BI).  Ce terme "business intelligence" donne à penser que le manager a le contrôle de ses affaires. Utilise-t-il seulement les bons indicateurs pour gérer son quotidien? Rien n'est moins sûr. La crise qui frappent l'Europe depuis 2011 pouvait être anticipée par un indicateur très simple, fiable, publié et connu de tous, mais non pris en compte par les politiques, les banques et les agences de notation jusqu'à ce qu'il soit finalement exhumé. Cet indicateur est la dette publique ramenée au PIB. Chaque année pendant plus de trente ans, les gouvernements successifs et les parlements ont voté un budget déficitaire en France. Tous ont ignoré le feu rouge et nous en sommes là aujourd'hui.

Gérer ce qui ne se mesure pas

En dépit de cette avalanche de données brutes, il existe des domaines pour lesquelles les données sont inexistantes, non standardisées, peu fiables ou controversées, comme par exemple les aspects environnementaux et sociaux.  Ces domaines représentent les grands enjeux contemporains et même futurs.

L'informatique appartient également ces domaines. On ne peut pas mesurer le retour des investissements en technologies de l'information. On ne sait pas non plus si les entreprises sont plus performantes parce qu'elles achètent davantage de technologies et de services. Le Cherry picking, proposé par [is value], constitue une approche indépendante, non partisane et prudente que nous préconisons pour évaluer un système d'information.

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