16 Déc 2008 |
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Des secteurs comme l’automobile s’efforcent de retarder le plus possible les décisions critiques afin de se donner plus de temps pour maîtriser le projet. Ceci a permis de réduire entre 1992 et 2004 de plus de 50% les délais entre la fin du design et le lancement d'un nouveau modèle (voir les travaux récents de Christophe Midler sur l’ingénierie concourante). L’informatique a fait le chemin inverse. On se précipite pour choisir une solution. Il faut dire que le choix de la solution relève le plus souvent de hautes instances de l’entreprise et que les éditeurs et les intégrateurs sont passés maîtres dans la vente de technologies. Comme s’il y avait de bonnes et de mauvaises technologies per se. De fait on parle de technologie avant de faire un état des lieux des questions à traiter. Bref on met la charrue avant les bœufs : le choix de la solution réduira le degré de liberté de l’entreprise et déterminera les conditions d’utilisation et donc la rentabilité du projet.
Les bonnes pratiques de gestion de projets insistent sur la pluralité des clients / utilisateurs du projet. Le PMBOK (guide de management de projets du Project Management Institute) prend l’exemple du secteur pharmaceutique où les clients sont le médecin prescripteur, le patient qui consomme le produit et l’assurance qui paie. Dans les projets informatiques, les utilisateurs se répartissent dans l’entreprise : le directeur informatique choisit la technologie, la direction métier choisit la solution fonctionnelle, l’équipe informatique intègre le composant au système de l’entreprise et l’utilisateur final se sert de la solution au quotidien. Si ce dernier n’utilise pas la solution parce que cette solution ne correspond pas à son métier ou pire si en utilisant la solution il se détourne de son métier, le projet sera destructeur de valeur pour l'entreprise. C’est bien l’utilisateur final qui fera la rentabilité du projet, mais il ne participe que rarement au choix de la solution. Les propositions des éditeurs et des intégrateurs correspondent souvent hélas ! aux attentes des décideurs mal formées à la gestion des technologies de l’information. En prenant des décisions hâtives, ils servent la rentabilité des éditeurs et des intégrateurs au détriment de leur propre rentabilité, sauf à ce que la solution serve par hasard aussi leurs intérêts. Mais comme personne ne sait ce que coûte ou rapporte l'informatique, ça continue. |
