15 Nov 2008 |
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En dépit des investissements croissants dans l'informatique, il n'existe pas de preuve scientifique que les systèmes d'information créent de la valeur au niveau macro-économique. Il n'existe pas non plus de preuve du contraire. On ne sait tout simplement pas. Est-ce que les entreprises qui génèrent du cah-flow investissent dans les technologies de l'information, ou bien est-ce l'informatique qui génère la rentabilité? Ce paradoxe remonte au 12 juillet 1987, à la publication d'un article de Robert Solow (qui allait recevoir le prix à la mémoire d'Alfred Nobel à la fin de cette même année) et à cette phrase désormais célèbre "you can see the computer age everywhere but in productivity statistics". Quelles sont les conditions qui permettraient de répondre à ce paradoxe? Qui est Robert Solow ?Si le Pr Solow a été nobélisé en octobre, ce n'est pas pour l'article publié trois mois auparavant... mais pour ses travaux sur le rôle du progrès technique dans la croissance économique. C'est le travail de toute une vie qui a été couronné, comme pour la plupart des prix Nobel. En matière de progrès technique, Solow n'est pas qu'un théoricien : il a également conseillé le Président Kennedy au début des années soixantes au moment du lancement du programme Appolo, qui a débouché sur un ensemble d'innovations qui ont porté leurs fruits dans les décénies soixante-dix et quatre-vingt, entre autre dans le domaine de l'informatique. Aussi, si le paradoxe de Solow a fait long feu, c'est aussi parce qu'il venait d'une personnalité remarquée et respectée pour son travail. Qu'est-ce que la productivité?La productivité est le rapport de la quantité produite à un facteur de production, à savoir le capital ou le travail. Si le travail peut être évalué par le nombre d'heures consommées, la productivité du travail serait le rapport entre la quantité produite et le nombre d'heures travaillées. Qu'en est-il du capital? En sciences économiques, le capital désigne dans l'entreprise toutes les richesses non consommées mais mobilisées pour la production. Le capital s'accroit avec les investissements des entreprises. Il ne correspond en rien à ce que la comptabilité désigne comme le capital de l'entreprise (i.e. ses capitaux propres) : le 'capital' correspond aux facteurs de production, hors le travail. On le mettrait à l'actif et non au passif. Pourtant les immobilisations comptables seuls ne constituent pas le capital : il faut compter aussi l'ensemble des actifs intangibles de l'entreprise, plus ou moins facile à identifier, tels que la qualité du management, les savoir-faire collectifs... Comment savoir si l'informatique impacte la productivité?Il faut pouvoir comparer une situation avant l'investissement à une situation où les entreprises ont intégré plus d'informatique dans leurs facteurs de production. Les difficultés matérielles sont nombreuses, notamment à cause de la difficulté de poser la frontière en l'avant et l'après :
Il y a tout lieu de croire que le "paradoxe de la productivité" est et restera inexpliqué. Il s'apparente à la quête du Graal des macro-économistes. |