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04 | 07 | 2009
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En novembre 2006, seulement 76 entreprises dans le monde avaient obtenu le label de certification ITIL (BS 15000)... C'était juste avant le lancement de la certification ISO20000.

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15

Nov

2008

Productivité et systèmes d'information.
Blog - Recherche en sciences économiques
Écrit par Yves Cavarec   

En dépit des investissements croissants dans l'informatique, il n'existe pas de preuve scientifique que les systèmes d'information créent de la valeur au niveau macro-économique. Il n'existe pas non plus de preuve du contraire. On ne sait tout simplement pas. Est-ce que les entreprises qui génèrent du cah-flow investissent dans les technologies de l'information, ou bien est-ce l'informatique qui génère la rentabilité? Ce paradoxe remonte au 12 juillet 1987, à la publication d'un article de Robert Solow (qui allait recevoir le prix à la mémoire d'Alfred Nobel à la fin de cette même année) et à cette phrase désormais célèbre "you can see the computer age everywhere but in productivity statistics". Quelles sont les conditions qui permettraient de répondre à ce paradoxe?

Qui est Robert Solow ?

Si le Pr Solow a été nobélisé en octobre, ce n'est pas pour l'article publié trois mois auparavant... mais pour ses travaux sur le rôle du progrès technique dans la croissance économique. C'est le travail de toute une vie qui a été couronné, comme pour la plupart des prix Nobel. En matière de progrès technique, Solow n'est pas qu'un théoricien : il a également conseillé le Président Kennedy au début des années soixantes au moment du lancement du programme Appolo, qui a débouché sur un ensemble d'innovations qui ont porté leurs fruits dans les décénies soixante-dix et quatre-vingt, entre autre dans le domaine de l'informatique. Aussi, si le paradoxe de Solow a fait long feu, c'est aussi parce qu'il venait d'une personnalité remarquée et respectée pour son travail.

Qu'est-ce que la productivité?

La productivité est le rapport de la quantité produite à un facteur de production, à savoir le capital ou le travail. Si le travail peut être évalué par le nombre d'heures consommées, la productivité du travail serait le rapport entre la quantité produite et le nombre d'heures travaillées. Qu'en est-il du capital? En sciences économiques, le capital désigne dans l'entreprise toutes les richesses non consommées mais mobilisées pour la production. Le capital s'accroit avec les investissements des entreprises. Il ne correspond en rien à ce que la comptabilité désigne comme le capital de l'entreprise (i.e. ses capitaux propres) : le 'capital' correspond aux facteurs de production, hors le travail. On le mettrait à l'actif et non au passif. Pourtant les immobilisations comptables seuls ne constituent pas le capital : il faut compter aussi l'ensemble des actifs intangibles de l'entreprise, plus ou moins facile à identifier, tels que la qualité du management, les savoir-faire collectifs...

Comment savoir si l'informatique impacte la productivité?

Il faut pouvoir comparer une situation avant l'investissement à une situation où les entreprises ont intégré plus d'informatique dans leurs facteurs de production. Les difficultés matérielles sont nombreuses, notamment à cause de la difficulté de poser la frontière en l'avant et l'après :

  • les entreprises n'investissent pas toutes de manière synchronisée : on ne peut pas se satisfaire des statistiques collectées au niveau national (par exemple par l'INSEE)
  • il peut se passer plusieurs années entre les premières dépenses d'un projet (le moment où les dépenses apparaissent dans les comptes) et la mise en production (le moment à compter duquel les bénéfices seront visibles)
  • il existe un délais d'apprentissage entre la mise en production d'un outil informatique et le moment où l'entreprise utilise les outils de manière optimale
  • la question de l'agrégat à utiliser reste posée; le rapport entre la production et le nombre d'heures de travail (productivité du travail) évolue par l'externalisation : ce qui était produit autrefois dans l'entreprise se trouvera désormais acheté sous forme de services (ou de produits) à un fournisseur; l'EBIT (résultat d'exploitation) est peut-être un bon agrégat puisqu'il exclut le coût du travail, les achats aux fournisseurs et les amortissements
  • et s'il s'agit de mesure la productivité de l'informatique (en tant que facteur de production), quel agrégat prendre? les immobilisations de matériels et logiciels ne constituent qu'une petite partie des dépenses : toutes les entreprises utilisent des services sous forme de location, de maintenance, de support ou de licence annuelle; il faut également prendre en compte les coûts des développements logiciels réalisés par les salariés, l'ensemble des dépenses de formation, de réorganisation complémentaires à l'utilisation d'outils informatiques; par ailleurs si une telle approche a du sens, il faudra néanmoins évaluer les impacts sur la productivité des autres facteurs de production

Il y a tout lieu de croire que le "paradoxe de la productivité" est et restera inexpliqué. Il s'apparente à la quête du Graal des macro-économistes.