20 Mar 2009 |
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Le Délégué Général du CIGREF (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises) m’a demandé une lecture de l’étude réalisée par McKinsey en 2008 sur la Dynamique de la création de valeur par les systèmes d’information. Voici ma restitution à Jean-François Pépin. Le document est très dense et très riche et je partage l’analyse dans l’ensemble. Aussi plutôt que d’en discuter un point particulier, je suggère d’élargir le cadre : McKinsey se concentre en effet sur les facteurs de création de valeur endogènes à l’entreprise. Or une partie de la valeur créée par les investissements dans les SI échappent à l’entreprise. Le management joue un rôle en laissant échapper cette valeur ou au contraire en essayant de la capter. Rappels de l’analyse
L’analyse met en avant que la performance du SI se lit dans les gains de productivité, l’augmentation des ventes, la réduction des temps de cycle ou les bilans commerciaux. Un investissement informatique ne génère pas mécaniquement de la valeur. La valeur de l’informatique tient principalement dans son usage, plus que dans le patrimoine technique accumulé au fur et à mesure des investissements. L’existence d’une valeur d’usage suppose:
Le mérite de l’analyse
Cette analyse est intéressante, car elle explique le paradoxe de Solow. On peut mettre des ordinateurs partout, cela ne suffit pas à accroître la productivité! Elle tranche avec la vision actuelle du Syntec Informatique: McKinsey montre que faciliter les investissements informatiques n’accroît pas systématiquement la compétitivité des entreprises utilisatrices. Au-delà de l’analyse de McKinsey
McKinsey n’explique que partiellement la création de valeur par le système d’information. Dans l’analyse, tout se passe comme si l’entreprise était coupée du monde. Or l’entreprise est soumise à des forces extérieures qui font parfois obstacle à la création valeur créée par le SI. 1. L’entreprise est soumise à des forces concurrentielles de plus en plus vives. Il faut du temps pour construire un SI. Or les conditions concurrentielles, la stratégie de l’entreprise ou le contexte macro-économique (la crise actuelle en est une illustration) peuvent changer, rendant obsolète une commande réalisée 18 mois auparavant. 2. Créer de la valeur, d’accord, mais qui seront les bénéficiaires? L’entreprise s’inscrit dans un écosystème où chaque stakeholder cherche à s’approprier une part toujours plus importante des ressources et de la valeur créée par l’entreprise.
Répartition de la valeur entre stakeholders : un jeu de pouvoirs
Chaque stakeholder est susceptible de capter une partie de la valeur. Les décisions de gestion déterminent la part qui revient à chacun. En la matière il n’y a pas de règle, juste des jeux de pouvoirs.
Autres questions posées par l’analyse
L’analyse de McKinsey pose peut-être quelques difficultés pratiques quant à la mise en œuvre des recommandations: L’informatique centre de gestion équilibré?
Où seront traitées les questions de gouvernance?
Comment mesurer la valeur?
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